VERS UN VÉRITABLE 14 JUILLET ?

Publié le par Takeda Tetsuya

Entre l'Elysée et l'armée, la crise s'envenime



A l'approche du 14 juillet, la crise ouverte entre le président Sarkozy et l'armée s'aggrave. Des militaires projettent de manifester bientôt à Paris. D'autres pourraient exprimer leur mécontentement le jour de la Fête nationale.


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c) Reuters









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'est la plus grave crise depuis la guerre d'Algérie", assure un militaire qui a vécu ces événements, notamment le putsch des généraux contre De Gaulle. La rupture entre l'armée française et son chef constitutionnel, le président Nicolas Sarkozy, paraît consommée. Le malaise persistant entre le chef de l'Etat et les militaires, qui avaient pourtant voté en masse pour lui, est en train de se transformer en crise ouverte. Depuis la publication en juin du nouveau Livre blanc de la Défense, le mécontentement gronde dans les rangs des troupes.


D'autant plus que, non sans raison, le président ne fait pas confiance aux investigations de la Sécurité militaire, la Direction de la Protection et de la sécurité de la Défense (DPSD), où l'on a aussi peu apprécié ce Livre blanc, pour retrouver les militaires rebelles qui avaient protesté contre certaines orientations de ce texte officiel dans une tribune anonyme signée " Surcouf " (Le Figaro
Fait sans précédent, le Chef de l'Etat a alors demandé, selon nos informations - recoupées de sources sûres -, une enquête - non-officielle - aux policiers de l'ex-DST, la Direction de la Sûreté du territoire. La DST a récemment fondu avec les Renseignements généraux (RG) dans la DCRI, la Direction centrale du renseignement intérieur, qui a des hommes à la DPSD.
Le drame de Carcassonne du 29 juin (17 civils blessés, par accident, lors d'une démonstration militaire) a considérablement alourdi une atmosphère déjà pesante. Le Président a alors traité les militaires de l'armée de terre "d'amateurs", en présence du respecté général Bruno Cuche, le chef d'Etat-major de l'armée de terre. Celui-ci a démissionné, ce qui a provoqué de nouveaux remous au sein de l'armée.

A l'approche du 14 juillet, la tension monte encore d'un cran. Selon nos informations, la rupture entre les politiques et les militaires pourrait bientôt se matérialiser par une "fête nationale anticipée" de protestation de militaires de réserve et à la retraite. Ces militaires entendent protester contre la présence au défilé militaire du 14 juillet du président syrien Bachar Al-Assad, auquel ils seront obligés de rendre les honneurs. "Une insulte à nos morts", selon l'expression d'anciens combattants. Car, il y a tout juste 25 ans, 58 parachutistes français du poste Drakkar étaient tués en 1983 à Beyrouth dans un attentat télécommandé par le régime syrien. Alors ces "protestataires en kaki" veulent déposer une gerbe sur la tombe du soldat inconnu, notamment à la mémoire de ces paras. Puis ils voudraient défiler sur les Champs Elysées jusqu'à la Place de la Concorde pour rendre les honneurs à un Président absent.

Pour le "véritable" défilé du 14 juillet, des incidents ne sont pas à exclure. Des anciens soldats des opérations extérieures (OPEX) ont comme projet d'arborer, en signe de protestation, un brassard noir. Pire : des militaires, qui doivent participer au défilé, envisagent de faire un geste de mécontentement. Certains penseraient à tourner la tête, non pas vers la tribune officielle, où se trouveront les Présidents Sarkozy et Al-Assad, mais dans le sens opposé. Notamment, les futurs officiers de la promotion de Saint Cyr, baptisée "Lieutenant Antoine de la Batie". Un brillant officier mort, à 28 ans, lors de l'attentat de Drakkar. 

Publié dans Actualité française

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