Afghanistan : Détails & bilan

Publié le par Takeda Tetsuya



PARIS (Reuters) - L'embuscade qui a fait dix morts et 21 blessés dans les rangs des forces françaises lundi en Afghanistan témoigne du regain d'agressivité des taliban, qui multiplient les attaques contre les forces de la coalition.

Les combats se sont déroulés dans la vallée d'Uzbin, au coeur de la région Centre dont la France venait de prendre la responsabilité après les Italiens.

"On était face à une manoeuvre bien montée, sur un terrain extrêmement favorable à l'ennemi", a souligné mardi le chef d'état-major des armées françaises, Jean-Louis Georgelin, lors d'une conférence de presse.

Le guet-apens s'est produit dans le district de Saroubi, à une soixantaine de kilomètres de Kaboul et au sommet d'un col de 2.000 mètres d'altitude et par une chaleur suffocante de 30 degrés.

Le général Georgelin décrit "une piste rocailleuse, en lacets et une atmosphère poussiéreuse."

Les soldats français participent à une patrouille de reconnaissance composée d'une section des parachutistes du 8e RPIMA, d'une section de l'armée nationale afghane, d'une autre du Régiment de marche du Tchad et de forces spéciales américaines chargées de guider l'appui aérien. Une centaine d'hommes au total.

En vue du col, vers 13h30 locales, le chef de section demande à un détachement d'aller reconnaître les lieux à pied.

C'est le moment choisi par une centaine d'insurgés pour déclencher un tir nourri.

Neuf soldats français sont tués lors de ce premier engagement, le dixième ayant trouvé la mort lorsqu'un engin blindé s'est renversé plus tard dans la nuit.

"Tous les tués et les blessés l'ont été dans les premières minutes, les combats ensuite n'ont causé aucune perte", précise Jean-Louis Georgelin.


UN CHEF TALIBAN CAPTURÉ


De fait, les combats avec les insurgés se prolongent tard dans la nuit.

Après s'être attaqué aux éléments avancés, formant un "bouchon d'arrêt", les taliban ont en effet ouvert le feu sur le gros de la colonne coalisée.

Toute la difficulté est alors de regrouper les éléments dispersés et de récupérer les blessés et les morts.

D'importants moyens, aériens notamment, sont mis en oeuvre avec le soutien des alliés pour appuyer et dégager les hommes pris dans l'embuscade. L'opération se prolonge jusqu'à 2h30 locales.

Tôt le matin, les insurgés prennent à nouveau sous leur feu le convoi qui se replie vers Surobi, sans faire de victime.

Les militaires français estiment qu'une trentaine d'assaillants ont été tués ou blessés.

Le général Georgelin a révélé qu'un "important chef de la rébellion talibane", qui reste à identifier, avait été capturé.

Sa présence sur les lieux est l'une des hypothèses avancées par les militaires sur le terrain pour expliquer l'embuscade tendue aux forces françaises.

Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a également estimé que le travail de sécurisation menée par les troupes françaises "dérange les taliban qui avaient le contrôle de cette zone", d'où le "durcissement" de leurs actions.

Il a cependant reconnu que "les taliban sont capables de mettre en oeuvre des tactiques plus aguerries qu'avant".

Le général Georgelin a souligné pour sa part que les insurgés ne semblaient pas avoir de problèmes d'approvisionnement en armes et ne "manquent pas de munitions." "Ils ont une plus grande capacité à manoeuvrer", a-t-il dit.

 

 


Publié dans Actualité française

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