McCAIN - OBAMA

Publié le par Takeda Tetsuya







    A la veille des ultimes élections primaires du Montana et du Dakota du Sud, un sondage Gallup donnait, lundi 2juin, Barack Obama vainqueur de l'élection présidentielle de novembre, aux Etats-Unis, contre John McCain par 46% contre 45% des suffrages, et Hillary Clinton par 47% contre également 45%. Marge d'erreur : plus ou moins deux points… C'est un paradoxe que tous les sondages confirment : le Parti républicain accuse 10 à 15 points de retard sur le Parti démocrate dans les enquêtes électorales. Trois de ses représentants viennent d'être battus lors d'élections partielles dans des circonscriptions qui, a priori, leur étaient acquises. Si la tendance se poursuit d'ici à novembre, les républicains devraient encore perdre des sièges au Congrès.

    Pourtant, les mêmes sondages donnent leur candidat peu ou prou à égalité avec son adversaire démocrate, quel qu'il soit, dans une confrontation directe. Comment l'expliquer? Le néoconservateur William Kristol, éditorialiste au New York Times et partisan de M. McCain, a rappelé, le 19 mai, que, dans la période 1968-1988, les démocrates ont, la plupart du temps, remporté les élections au Congrès avec en moyenne 10points d'avance; dans le même temps, les républicains ont gagné cinq des six scrutins présidentiels. Dans un Etat très fédéral, l'élection du président est la seule échéance où les enjeux nationaux l'emportent vraiment sur les préoccupations locales.


    Une fois les deux  candidats désignés, une nouvelle campagne s'engagera. Le cadre général du débat est connu : sur fond de dégradation du niveau de vie des classes moyennes, de coûts croissants de la santé et de l'éducation, la crise économique jouera un rôle prédominant, mais aussi le contexte moyen-oriental : Irak, Iran, "guerre contre le terrorisme"
    Dans quel ordre? Aujourd'hui, les préoccupations socio-économiques l'emportent. Mais personne ne peut exclure un regain d'intérêt pour les enjeux internationaux suite à un événement imprévu : forte poussée de tension avec l'Iran, grave attentat ou autre événement imprévisible. M. McCain place les questions de sécurité internationale au cœur de sa campagne. M. Obama entend, lui, faire assumer au candidat républicain l'héritage de M.Bush, aujourd'hui très discrédité. Il privilégie à la fois les questions sociales et une autre diplomatie. La situation de l'économie américaine et le niveau des tensions internationales en octobre pèseront beaucoup sur leur future empoignade.

    Les deux candidats partent avec des atouts et des handicaps notoires. L'âge en constitue la dimension la plus spectaculaire. M. McCain a 72 ans. Son expérience politique est grande. Mais, en "une", le magazine Time a osé la question : "Est-il en assez bonne santé pour être président?" En cas de victoire, M. McCain deviendrait le président américain le plus âgé jamais élu. Jeune (47 ans en novembre), M. Obama lui reprochera son incapacité à embrasser la complexité du monde. Mais M. McCain a déjà commencé à l'attaquer sur "son inexpérience et son jugement irresponsable", en se référant à son attitude envers Téhéran. Son credo : en des temps si troublés, peut-on faire confiance à un inconnu en politique? Cet "inconnu" séduit les jeunes. Or les Etats-Unis sont une société qui prend de l'âge. Et les "vieux", plus civiques, votent davantage que les jeunes. Les plus âgés sont aussi davantage affectés par la récession, la baisse du pouvoir d'achat et la hausse des prix des carburants…

Publié dans Internationnal

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