McCAIN à PARIS

Publié le par AFP

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    Le candidat américain à l'investiture républicaine est reçu ce vendredi par Nicolas Sarkozy à l'Élysée. Officiellement, John McCain ne sera pas aujourd'hui à Paris en campagne électorale. C'est en tant que membre de la commission sénatoriale des forces armées qu'il a entamé une tournée qui l'a mené au Moyen-Orient, notamment en Irak, et à Londres, hier. Vendredi après-midi, au cours de sa visite de quatre heures dans la capitale française, il sera reçu par François Fillon à Matignon, puis par Nicolas Sarkozy à l'Élysée. Avec le président de la République, qui l'avait déjà accueilli l'été dernier, la discussion portera sur «les grandes questions qui nous préoccupent mutuellement», a-t-il indiqué, en citant notamment l'Afghanistan, l'Iran, l'Irak et le Darfour.

    Autant de dossiers à propos desquels le sénateur républicain souligne qu'il apprécie l'«engagement» de Nicolas Sarkozy. Nul doute qu'il prisera aussi, sur le perron de l'Élysée, la photo aux côtés de son hôte, comme ce fut le cas cette semaine avec le roi Abdallah, Ehoud Olmert et Gordon Brown. Car, avec cette tournée, John McCain vise naturellement à peaufiner la stature internationale qu'il dénie à ses opposants démocrates, notamment à Barack Obama. Une stature quelque peu égratignée, tout de même, par quelques bourdes, comme lorsqu'il a évoqué la présence d'al-Qaida en Iran ou souhaité que Jérusalem soit reconnu comme capitale d'Israël un pas que la communauté internationale n'a jamais voulu franchir. «Défenseur de l'Amérique» Initialement prévu le mois dernier, le passage de John McCain à Paris avait été reporté, en raison des primaires.

    Vainqueur dans son camp, il a le champ libre pour quitter l'arène intérieure et conforter à l'extérieur un profil de «défenseur de l'Amérique». Avec la difficulté de maintenir la pression jusqu'à la convention républicaine, début septembre. À Paris, l'accueil sera des plus polis. Avec Nicolas Sarkozy, la dernière rencontre a été chaleureuse, se souvient un témoin. Officiellement, on se garde bien côté français d'afficher une préférence. L'incertitude qui, à ce stade encore, prévaut dans la course à la Maison-Blanche, incite à garder le jeu ouvert, même si, traditionnellement, Paris est plus en phase avec la sensibilité démocrate. La diplomatie française scrute attentivement la campagne et cultive les contacts dans les deux camps.

    Le Quai d'Orsay envisage de recevoir les staffs internationaux des candidats. Comme ses homologues, l'ambassadeur de France à Washington, Pierre Vimont, s'est déplacé sur le terrain pour suivre les primaires, au New Hampshire, en Caroline du Sud ou au Texas. Le week-end dernier, il était à Chicago, fief de Barack Obama, pour rendre visite à son état-major de campagne. Quelques jours plus tôt, il petit-déjeunait avec le conseiller politique de John McCain.

    Les entretiens sont également fréquents avec l'entourage de Hillary Clinton. «Il faut développer les liens tout en sachant que les équipes pourront changer, notamment côté démocrate où elles se fondront plus ou moins après la désignation du candidat», explique un diplomate. Les deux prétendants démocrates «sont les bienvenus quand ils le voudront», indique-t-on à l'Élysée. Mobilisés par la course à l'investiture, ils demeurent pour le moment hors jeu sur le terrain international. Barack Obama, qui avait envisagé il y a quelques semaines de venir en France, a dû momentanément y renoncer.

    Un comité de soutien milite activement pour sa visite. Il rassemble des personnalités aussi éclectiques que Jack Lang, la styliste Sonia Rykiel, le maire PS de Paris Bernard Delanoë, le député centriste Charles de Courson et Axel Poniatowski, président UMP de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Ce dernier s'enthousiasme : «Obama est un leader intelligent, habile, charismatique : s'il devient président, il changera l'image de l'Amérique.» Selon lui, si Paris est un passage obligé pour tout candidat à la Maison-Blanche, la visite d'un démocrate n'est pas imminente. «C'est celui qui aura remporté l'investiture qui viendra», pronostique-t-il.

Publié dans Actualité française

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